Le nom Ambatolampy dérive de Vatolampy, qui signifie « gros rocher ». L'histoire de la ville est liée à celle des hommes qui participèrent à la protection et à l'organisation de cette partie des Hautes Terres.
La tradition locale évoque notamment les huit soldats, appelés Vatolahy, envoyés par un roi merina pour protéger la région et rétablir la paix. Ces hommes sont considérés dans la mémoire locale comme faisant partie des ancêtres fondateurs d'Ambatolampy.
Située dans la partie sud-est du Vakinankaratra, la ville est traversée par la RN7, axe majeur reliant Antananarivo au sud de Madagascar. Ambatolampy se trouve à environ 68 kilomètres de la capitale.
Mais Ambatolampy est bien plus qu'une simple ville de passage. Son identité s'est construite autour de son artisanat, de ses traditions, de ses montagnes et de son histoire.
Ambatolampy est particulièrement connue à Madagascar pour ses nombreuses petites fonderies d'aluminium. Ce savoir-faire constitue l'une des signatures artisanales les plus remarquables de la ville.
Dans les ateliers, les artisans donnent une seconde vie à différents objets métalliques récupérés. De vieilles pièces de moteurs, des jantes, des canettes et d'autres morceaux d'aluminium peuvent être transformés en ustensiles utiles ou en objets décoratifs.
Le travail repose sur une technique traditionnelle de fonte et de moulage au sable. Le métal est chauffé jusqu'à devenir liquide, puis versé dans des moules préparés à l'avance.
Les produits fabriqués comprennent notamment les marmites malgaches, cocottes, casseroles, couverts, ustensiles de cuisine et objets décoratifs.
La fabrication commence par la récupération des métaux. Les morceaux sont triés puis placés dans un four traditionnel construit en briques.
Le feu, généralement alimenté au charbon de bois, permet d'obtenir une température très élevée. Le métal doit atteindre environ 800 °C pour fondre suffisamment.
Pendant ce temps, l'artisan prépare le moule. Celui-ci est généralement réalisé avec du sable très fin mélangé à de la poussière de charbon. Cette matière appelée « Tany aboka » permet de reproduire précisément la forme de l'objet.
Lorsque l'aluminium est en fusion, il est retiré du four puis versé rapidement dans le moule. Après refroidissement, la pièce est démoulée, nettoyée, limée et polie.
Chaque objet passe ainsi entre plusieurs étapes avant de devenir une marmite prête à être utilisée.
L'histoire de la fonderie moderne d'Ambatolampy est notamment associée à Randrianantoanina, originaire de la région.
Après avoir découvert certaines techniques de travail des métaux pendant son séjour en Europe durant la Grande Guerre, il s'intéressa particulièrement aux techniques de moulage.
Son parcours commença notamment avec la fabrication d'objets métalliques et de cloches en bronze. Son histoire personnelle fut cependant mouvementée. Accusé de trafic d'armes, il fut emprisonné en 1947.
Après son évasion en 1949, il retourna finalement à Ambatolampy en 1951. C'est dans cette période qu'il développa la fabrication des premières cocottes en aluminium.
Son travail finit par être reconnu et il reçut, pendant la Première République, une distinction liée à l'Ordre National Malgache.
À sa mort en 1993, son savoir-faire fut transmis à sa fille Stéphanie Ramanantoanina. Celle-ci poursuivit cette tradition et créa ALU MADA.
L'entreprise continue notamment à produire des marmites et différents objets décoratifs inspirés de la faune et de la flore de Madagascar : baobabs, animaux et autres sculptures.
Ambatolampy possède également une identité gastronomique particulière. La ville et ses environs sont notamment connus pour certains produits de terroir et pour l'élevage des escargots.
Cette tradition a contribué à donner à Ambatolampy une réputation particulière autour de la gastronomie locale, avec des produits issus de l'élevage et de l'agriculture des Hautes Terres.
Le foie gras, les fruits et les légumes produits dans cette région font également partie des spécialités que l'on peut découvrir lors d'une étape gastronomique sur la RN7.
L'artisanat ne se limite pas à la fonderie d'aluminium. Ambatolampy possède une vie artisanale et commerciale ancienne, visible notamment dans ses marchés.
Le Grand Marché traditionnel permet d'observer la vie quotidienne de la ville et les produits vendus par les commerçants locaux.
Le marché aux zébus, qui se tient notamment le jeudi près de la rivière, rappelle l'importance historique de l'élevage dans cette partie des Hautes Terres.
On retrouve également différents savoir-faire liés au bois, à la vannerie, à la couture, à la broderie, à la poterie, à la mécanique, à la bijouterie et à la transformation des matières locales.
Tsinjoarivo conserva son importance sous plusieurs souveraines de Madagascar.
Ranavalona Ière séjourna à Tsinjoarivo notamment en 1840, 1842 et 1856.
Sous le règne de Ranavalona II, la résidence royale continua à être fréquentée. Elle y séjourna notamment en 1880 et 1882.
Ranavalona III, dernière reine de Madagascar, séjourna également à Tsinjoarivo, notamment en 1889 et 1890.
Ces passages successifs ont contribué à faire du Rova un lieu important de mémoire de la monarchie malgache.
Sur la route entre Antananarivo et Ambatolampy, Behenjy constitue une étape particulièrement connue pour sa gastronomie.
Le village est notamment réputé pour son foie gras et ses produits de charcuterie. Cette tradition gastronomique s'inscrit dans l'identité agricole des Hautes Terres.
Une étape à Behenjy permet ainsi de compléter la découverte culturelle et artisanale d'Behenjy par une découverte des produits du terroir.
Ambatolampy ne se résume donc pas à une simple étape sur la RN7. La ville et ses environs racontent plusieurs siècles d'histoire, de traditions et de transformations du territoire.
Les fonderies d'aluminium témoignent d'un savoir-faire artisanal devenu emblématique. Les marchés et les traditions culinaires rappellent la vie quotidienne des habitants.
Plus loin, Manjakatompo-Ankaratra dévoile une autre facette du territoire : forêts, sources, lacs, cascades, pisciculture, randonnée et sommets.
Enfin, Tsinjoarivo permet de prolonger le voyage dans l'histoire royale de Madagascar, autour du Rova, de l'Onive et des cascades d'Andriamamovoka et d'Ambavaloza.
Entre les fours des fonderies, les marchés traditionnels, les ateliers des artisans, les forêts de l'Ankaratra, les eaux du Lac Froid, les cascades, les sommets et les anciens domaines royaux, Ambatolampy offre une autre manière de découvrir le Vakinankaratra.
Ici, le patrimoine n'est pas seulement constitué de monuments. Il se retrouve dans les gestes des artisans, dans les histoires transmises par les habitants, dans les paysages, dans les eaux de la montagne et dans la mémoire de la monarchie malgache.
Manjakatompo, Ankaratra, Tsiafajavona et Tsinjoarivo permettent ainsi de comprendre Ambatolampy comme un territoire où l'histoire humaine et la nature sont profondément liées.